En Hongrie

le pont invisible

La Hongrie, Paris, une époque fascinante, des personnages attachants, un long roman de près de 900 pages, voilà des heures et des heures de lecture passionnante.

Andras, juif hongrois, débarque à Paris en 1937, sans le sou, mais déterminé à apprendre l’architecture à l’Ecole Spéciale dont la renommée l’a séduit. Il découvre ainsi la vie estudiantine parisienne, le monde du spectacle également car la diaspora hongroise lui permet de trouver un emploi dans un théâtre afin de financer ses études. Il va ainsi se faire des amis chers au sein de l’école et rencontrer une jeune femme, un peu plus âgée que lui, mais si fascinante et mystérieuse. Tout pourrait se révéler idyllique, s’il n’y avait cet antisémitisme rampant qui commence à devenir prégnant au fil des mois, restreignant les libertés, et contraignant Andras à retourner à Budapest après deux ans d’études. Impossible de faire renouveler son visa, et Klara, qui l’a accompagnée, doit se faire oublier car dix-huit ans auparavant elle avait fui la Hongrie pour ne pas être victime d’un emprisonnement immérité. Nous sommes en 1939, les deux frères d’Andras ont dû eux aussi regagner la Hongrie. Les deux aînés se marient, mais tour à tour chacun sera déporté en camp de travail, du fait de leur judaïté. En Hongrie, pays allié de l’Allemagne nazie, les juifs sont déportés dans leur propre pays et doivent subir le STO, dans des conditions si terribles qu’elles rappellent celles des camps de concentration allemands, n’était la possibilité d’obtenir une fois par an une permission.

La détention, le froid, les maladies, l’injustice et la violence des gardes, le chaos de cette guerre qui bouleverse les alliances, le front de l’Est qui s’avère plus terrible encore, et des mois durant les trois frères et leurs amis luttent pour survivre dans les camps qui doivent aider à l’effort de guerre, tandis que leurs familles, parents, épouses, enfants subissent les privations et la vie au ghetto, après avoir été dépouillés de tous leurs biens.

Pas un moment de répit dans cette traversée terrible de ces six années de guerre, qui laisseront Andras et sa famille (ou du moins ce qu’il en restera) exsangues et meurtris au-delà du possible, n’ayant qu’un espoir : fuir leur pays.

Un véritable souffle romanesque qui n’est pas sans rappeler ces romans russes qui nous bouleversent et nous bousculent. La grande Histoire fait frémir, l’intrigue et les personnages nous la font connaître de l’intérieur, et pas une fois nous ne souhaitons interrompre notre lecture.

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