Entre le Canada et la vieille Europe

Mary Lawson

Nous sommes en été, le soleil semble revenir et pourtant dans ce très beau roman de Mary Lawson, c’est le rude et implacable hiver canadien qui s’impose, celui qui vous enferme dans votre village, loin de toute agglomération, pour des jours et des semaines. Nous sommes à la fin des années 60 et c’est le début du power flower à Londres, tandis qu’aux Etats Unis la guerre du Vietnam divise la population. Megan a réussi à quitter la vie familiale où elle s’occupe de ses nombreux frères  – elle est la seconde enfant – dans cette petite ville perdue du Grand Nord canadien, Struan. Son père comptait pourtant beaucoup sur elle même s’il n’en avait pas vraiment conscience ; son frère aîné, Tom, de retour à la maison après un traumatisme psychique important, se désole de son absence ; sa mère, seulement occupée du dernier né, ne se préoccupe absolument pas de ses adolescents, de ses jumeaux ni même du petit avant-dernier qui n’a que trois ans. Tout va à vau l’eau dans cette famille et nous en découvrons les arcanes en lisant les points de vue du père et de Tom, tandis que Megan réussit à faire son trou à Londres, se découvrant des affinités avec ses employeurs qui lui permettent de s’épanouir en s’investissant dans la direction d’un hôtel de style.

Le contraste entre la rudesse de la vie au Canada, où l’hiver semble quasi durer toute l’année tellement cette saison est rude et difficile à traverser, même si l’argent ne manque pas vraiment, et l’émancipation mesurée de Megan à Londres, que tous prennent pour une américaine puis s’aperçoivent qu’elle est canadienne et n’a pas forcément les mêmes valeurs, ni la même aisance, ce contraste donc joue en la défaveur de Megan qui n’est pas sans se douter des difficultés qui règnent dans sa maison natale. Mais quoi ? se sacrifier ? les laisser se débrouiller tous ces hommes et garçons, avec en prime la folie douce de Emily, qui ne vit que pour chaque nouveau bébé.

Voici un très joli roman, tout en finesse, plein d’amour compris ou pas, plein de colère aussi qui rend les choix tellement plus difficiles.

 

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