Noir et si noire la neige

neige-noire

Deuxième roman de Paul Lynch publié chez Albin Michel, La neige noire nous raconte l’Irlande du Donegal, à la fin de la seconde guerre mondiale, au coeur de cette contrée si rugueuse et âpre, marquée par les stigmates de la Grande Famine qui initia une grande vague d’immigration vers l’Amérique.

Barnabas Kane avait émigré à New York, fuyant la misère de son pays, et trouvé là-bas un emploi de laveur de carreaux sur les grands buildings, ce qui lui permit enfin d’économiser un pécule. Il épouse Eskra, américaine mais d’origine irlandaise et tous deux décident de revenir s’installer en Irlande et d’acheter une ferme, pour y faire de l’élevage bovin. Leur fils Billy naît dans cette nouvelle vie qu’ils se sont donnée et nous les découvrons au début du roman, avec la jument et le chien Cyclope, au mois de février, frais et pluvieux, alors que le feu brûle leur étable. Il s’en suit un drame épouvantable, avec la mort de Matthews, l’ouvrier agricole, prisonnier des flammes, et la perte du troupeau.

Les descriptions de cet incendie, de ces cadavres calcinés, de l’hébétude de Barnabas devant un tel désastre sont fantastiques.

Alors il semblerait que la fatalité doive se mettre en marche. L’incendie était-il accidentel ou volontaire ? Quoiqu’il en soit, Barnabas va se heurter à la vindicte et au rejet de sa communauté qui l’accuse d’avoir tué l’un des leurs et de sournoiseries en défections, de mesquineries en actes violents, la vie de la famille Kane va se désintégrer. Nous vivons alors la chronique d’une faillite annoncée, avec son cortège de souffrance morale et physique, le tout dans un cadre où la nature peut se montrer complice de la méchanceté des hommes.

Paul Lynch nous offre une Irlande terrible, ancrée dans ses croyances, marquée par la terrible pauvreté qu’elle a subi et qui conduisit un quart de sa population à émigrer depuis 1865 jusque dans les années 50. Nous vivons le crachin, la puanteur des vestiges de l’incendie, la lumière qui surgit au matin, l’odeur de la tourbe qui réchauffe le foyer, la blancheur des draps sur le fonds vert des champs, le vrombissement des guêpes dans la chaleur de l’été, …

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