Une suite étonnante

soeurs yeux bleus

Léonard Sézeneau, ce négociant en vin qui a rencontré la mère de ses enfants à Stockholm, avait engagé une gouvernante suédoise, Livia, qui avait suivi la famille lors de son installation à Meudon avec ses cinq enfants. Hulda, la jeune mère, est morte tragiquement, et Léonard se retrouve seul avec ses deux garçons et  leurs trois soeurs. Les garçons et peut-être la plus grande des filles ont conscience du drame familial qui a causé la mort de leur mère auquel Livia n’est pas étrangère. Elle-même a dû, à l’insu de toute la famille, disparaître le temps de donner  naissance à un garçon, qu’elle confie à une nourrice de la région parisienne. Ses seuls revenus sont ceux de gouvernante, et Léonard devant s’installer à Saint-Pétersbourg pour les besoins de son négoce, elle accepte de le suivre pour s’occuper des trois soeurs, les garçons ayant été confiés à la garde de leur oncle.

Une fois encore, il faut partir, s’installer dans un autre pays, découvrir un climat rude et une langue différente, des coutumes différentes. La plus jeune soeur, qui n’a pas vraiment connu sa mère, a tellement besoin de la tendresse de Livia et les deux aînées demeurent encore assez bien disposées à son égard. Les premières années russes sont sereines. Toute la famille profite de l’hospitalité d’un Comte russe, au coeur de la vieille ville, et peu à peu se tissent des liens d’amitié avec les filles de leur hôte. Les soeurs et leurs jeunes hôtesses se fréquentent de plus en plus, apprenant l’anglais ensemble, tandis que Livia est chargée par la Comtesse d’enseigner le français aux jeunes russes. Cependant, l’adolescence survient et les regards que les grandes lancent à Livia perdent toute aménité, persuadée qu’elles sont que celle-ci est responsable de la mort de leur mère et de la conduite de leur père.

Les événements politiques de ce début du XXème siècle contraignent Léonard et sa famille à quitter la Russie pour venir s’installer chez l’oncle et les soeurs vont le suivre, tandis que Livia les quittera, forte d’un secret qui la galvanise. S’en suivront des années fades, moroses, solitaires,dans cette petite ville de La Bernerie-en-Retz où la condition féminine à l’aube de ce nouveau siècle est toujours aussi austère. Leur père demeure un être secret, tantôt ouvert, tantôt tyrannique, et ce n’est qu’au bout de plusieurs années que la plus jeune des trois soeurs aux yeux bleus réussira à s’émanciper. Une installation à Paris couronnera cette désertion du giron familial, qui conditionnera l’avenir de la fratrie dont nous suivrons le devenir jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie.

Marie Sizun nous offre ici une suite formidable (qui peut néanmoins se lire en première intention), d’une écriture toujours aussi sensible et émouvante, tout en délicatesse et nous suivons les épisodes qui se succèdent à un rythme aussi vivant que les émotions et humeurs qui guident chacune de nos trois soeurs dans leur histoire étonnante, bouleversée par toutes ces guerres qui marqueront cette première moitié du siècle. Nous suivons avec passion la conquête du bonheur et de la liberté au sein de cette famille douloureusement marquée par l’autorité du père.

gouvernante suédoise

Pour ceux et celles qui n’auraient pas lu le premier opus de cette histoire, voici le premier tome.

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