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Médiation culturelle, organisation d'ateliers d'écriture et de rencontres avec les auteurs, animation autour du livre et des métiers du livre.

La vie d’Albertine

Le titre de ce nouveau roman d’Isabelle Minière est tout un programme ! Enigmatique, il invite à découvrir qui est le personnage de cette histoire. Déjà dans un précédent roman, Isabelle Minière m’avait intriguée avec un titre tout aussi étonnant, « Je suis né laid », et je n’avais pas été déçue.

Cette fois encore, je me suis laissé emporter par l’histoire de la vie d’Albertine. En effet, c’est elle qui raconte et ce qu’elle raconte remue, bouleverse, indigne, le lecteur. Depuis son plus jeune âge, Albertine est victime d’une mère bourreau, qu’elle appelle en secret « la sorcière ». Coups, brimades, insultes et privations sont le quotidien de la petite fille, puis de l’adolescente. Celle-ci réussit quand même à surmonter ce quotidien de violence, se faisant peu à peu deux amis au collège puis au lycée. Mais c’est surtout grâce à sa faculté inépuisable de romancer sa vie qu’Albertine supporte toutes ses souffrances. Elle note tout dans un carnet en attendant de pouvoir tenir la promesse qu’elle s’est faite, raconter cette longue épreuve de la vie avec « la sorcière ».

La semaine qui suit sa majorité, sa mère la met à la porte avec pour seul viatique le nom et l’adresse de son père. Alors Albertine se lance dans l’inconnu. Qui est cet homme dont sa mère ne lui a que très peu parlé, et seulement pour le charger de tous les maux qui l’accablent ? Comment va-t-il l’accueillir ? Quel va être son avenir ? Passées la stupeur et l’indignation qui envahissent le lecteur dans la première partie du livre, il s’agit d’accompagner Albertine dans la découverte de son père, et vivre à ses côtés des moments de surprise, de doute, d’espoir.

L’écriture d’Isabelle Minière est alerte, efficace, sensible, à hauteur de l’enfance d’Albertine puis de sa jeunesse. La candeur le dispute à la désillusion, puis l’espoir se bat contre l’appréhension et l’autrice excelle à nous faire ressentir tous ces sentiments qui bouleversent son héroïne. Une histoire étonnante, bouleversante, qui ne se perd pas dans le pathos comme dirait Albertine !  

Vermeer en Irlande

Patricia Dolan est une américaine, historienne de l’art qui vit et travaille à New York dans un musée, la Frick collection. Patricia, à la veille de la quarantaine, vit de manière très retirée, absorbée par son travail, sorte de lente et terne abstraction après les événements qui ont bouleversé sa vie. Elle est issue de la diaspora irlandaise par son père, Pete, officier de police en retraite, qui ne se met en colère que lorsque quelqu’un évoque devant lui la question des Anglais en Irlande.

Quand nous découvrons Patricia, elle est installée sommairement en Irlande, dans une petite maison sans confort, seule, dans une veille permanente d’un tableau de Vermeer, La jeune femme au luth, avec lequel elle entretient un rapport passionné. La peinture des Hollandais du XVIIème est une passion pour Patricia. Elle commence dans ce cottage isolé un journal où elle livre son histoire et en particulier comment elle a rencontré de façon inopinée un jeune Irlandais, Mickaël, plus jeune qu’elle certes, mais diablement attirant. Ils seraient cousins lui a-t-il dit. S’en est suivi une liaison qui a bouleversé la vie de Patricia, la ramenant à une vie riche en émotions !

Pourquoi est-elle en Irlande avec ce tableau dérobé à la couronne britannique ? Quel a été le rôle de Mickaël, dit Mickey, dans ce vol d’envergure ? Qui est d’ailleurs vraiment Mickey ? Une intrigue savamment construite qui fait la part belle à l’histoire de l’Irlande et de ses rapports avec l’Angleterre, tout en évoquant la peinture avec une grande sensibilité. Katharine Weber, merveilleusement traduite par Moea Durieux, nous emmène sans coup férir jusqu’au dénouement de ce thriller émouvant et tout en finesse, avec un sens aigu du suspense.

Ps :La superbe couverture de ce très bon roman est le fruit du talent de Sandrine Duvillier.

Asile secret

” Le nageur d’Aral ” de Louis Grall aux éditions La manufacture de Livres

Un très beau texte que ce court roman de Louis Grall. Un conte au message si important à notre époque endeuillée de suspicion, de rancœurs, de conflits. Le droit d’asile ou comment accueillir l’autre dans sa différence, avec respect, empathie et confiance.

C’est au monastère de Landévennec, petite commune de la presqu’île de Crozon, située à l’embouchure de l’Aulne dans la rade de Brest, que se réfugie un étranger au début des années soixante. Le narrateur de cette histoire, fasciné depuis l’enfance par le mystère de la vie monastique, est contacté par l’un des frères, cinquante ans après, pour écrire la vie de ce réfugié. En effet, l’homme s’est noyé à soixante-dix-sept ans lors d’une plongée, et la communauté monastique qui l’avait recueillie ressent le devoir de faire connaître sa vérité.

La langue de ce roman est poétique et âpre à la fois, comme peut l’être la lande bretonne ; puissants et sensibles sont les mots qui racontent la force de la mer qui a vu cet homme venu de si loin s’échouer sur les rives du Finistère. Une vie à la fois étonnante dans ses origines, et simple, et vraie qui captive le lecteur et l’amène à réfléchir à cette transgression imposée par le droit d’asile, véritable combat entre la loi de la raison et celle du cœur.

Catharsis

Ce nouveau roman de Tiffany Tavernier je l’ai lu d’une traite, commencé le soir et terminé le lendemain matin. Un roman d’une puissance formidable, qui m’a entraînée dans un questionnement sur la force de l’amitié, la capacité à se protéger en occultant ce que l’on ne souhaite pas essayer de comprendre, la culpabilité qui s’en suit, l’impératif besoin de comprendre. La question qui sous-tend ce roman : pourquoi ? Pourquoi Thierry n’a-t-il rien vu, rien pressenti, rien compris ?

Un samedi comme les autres, Thierry se réveille avec l’envie d’arpenter les rives de l’Aune, de profiter du beau temps, de repérer les insectes qui le passionnent. Quand il ouvre la porte, il est abasourdi : voitures de polices, policiers armés qui assiègent la maison de son voisin Guy. De son ami en fait, car Thierry et Guy sont amis depuis plusieurs années. Et les deux couples se fréquentent, se reçoivent, s’entraident et passent de si bons moments ensemble.

Mais Thierry doit se rendre à l’évidence, Guy n’est pas celui qu’il croyait, tant s’en faut. Devant la monstruosité des actes commis par son voisin, Thierry est dévasté. Il perd tous ses repères, ne sait plus comment faire face au quotidien gravement bouleversé par les découvertes terribles auxquelles ils sont confrontés sa femme et lui. Sa vie paisible et son amour profond pour sa femme qui le protégeaient de blessures d’enfance s’effondre brutalement ; lui qui se satisfaisait des journées à l’usine et des fins de semaine à construire leur maison,  ne fréquentant guère que son voisin, se voit confronté à sa propre solitude.

Tiffany Tavernier nous guide dans la quête abyssale de Thierry qui doit cette fois faire face à ses doutes, sa colère, sa culpabilité, sa peur de l’abandon. Qu’est-ce qui fait éclater les familles ? qu’est-ce qui justifie que l’on s’enferme dans un amour que l’autre peut vivre comme une prison ? qu’est-ce que cette amitié trahie par l’impensable, révèle de soi ? Autant de questions qui taraudent Thierry et nous laisse haletants, au rythme d’un roman écrit avec maestria.

Quel roman, quelle écriture, quel contraste entre les situations, quelle sensibilité dans l’étude de la psyché de Thierry, quelle justesse dans l’analyse des sentiments humains ! Voici un roman qui m’a profondément touchée, emportée, bouleversée. Merci Tiffany Tavernier.

La beauté et l’invisible

Marie-Hélène Prouteau nous propose cette fois une passionnante biographie de Madeleine Bernard, la sœur du peintre Émile Bernard.

Tout au long de l’histoire de Madeleine nous sommes plongés dans cet univers sensible et innovant de la peinture de cette fin du XIXème siècle. Nous rencontrons ainsi, grâce à Madeleine et l’affection si profonde, quasi gémellaire qu’elle porte à son frère, des peintres célèbres maintenant tels que Gauguin, Pissaro, Seurat, Van Gogh, Toulouse-Lautrec, Signac, Cézanne …, qu’Émile aura fréquenté ou admiré.

Madeleine est cultivée, grande lectrice, musicienne aussi, elle joue du piano avec virtuosité. Elle voue à son frère si sensible une admiration immense, consciente très tôt de son talent, lui qui dessine tout le temps et n’en fait qu’à sa tête. Elle sera son premier modèle et l’accompagnera dans sa quête d’une manière de peindre qui lui corresponde, lui qui rêve de bousculer les codes pour se réaliser vraiment.

Nous allons suivre alors la vie si brève de Madeleine, au sein de cette famille chavirée par les disputes parentales, la dépression chronique de la mère, les déménagements fréquents qui bouleverseront les repères. Chaque chapitre de ce récit très documenté est introduit par un extrait de correspondance, notamment celle abondante de la jeune fille, révélant une langue d’une réelle beauté, traduisant ses inquiétudes pour son frère, ses interrogations, son désir profond de s’affranchir de la tutelle familiale. Non seulement elle aspire à la liberté, mais elle est très sensible à une vie spirituelle intense, s’intéressant à la théosophie, se préoccupant de l’invisible.  

Cette biographie passionnante, au style lumineux et alerte, emporte le lecteur dans le tourbillon de ce XIXème siècle finissant, où la création peut se trouver engluée de contraintes sociales, empêchée de soucis financiers tout en foisonnant d’innovation, d’échanges passionnés sur la peinture auxquels la jeune Madeleine prend une part vivante, jusqu’à ce qu’un événement déterminant l’amène à s’enfuir loin des siens.

Du Nord de la France jusqu’à Genève, en passant par la Bretagne puis l’Angleterre, en si peu d’années, Madeleine a connu bien des milieux et ambiances qu’elle évoque dans ses lettres et que Marie-Hélène Prouteau rend ô combien vivantes, grâce à une écriture romanesque et élégante.

Parce qu’il faut continuer

Ce nouveau roman de Gaëlle Josse nous convie toutes et tous, aux côtés de son héroïne, Clara, à une introspection bienveillante, extrêmement salutaire.

C’est l’histoire d’un burn-out, ce mot à la mode qui traduit l’incapacité soudaine de continuer à travailler. Mais c’est bien au-delà, l’histoire d’une jeune femme, Clara, cadre dans le domaine des assurances, bien installée dans la vie qui se trouve confrontée à l’impuissance, à l’incapacité de vivre comme avant, arrêtée net sans comprendre pourquoi. Un matin elle s’apprête à commencer sa journée de travail, elle monte dans sa voiture et tourne en vain la clef de contact, la voiture ne démarre pas ! Tout le monde a connu ces instants très agaçants où les gestes les plus normaux dérapent. Mais là, c’est la panique qui envahit Clara, elle est incapable de réagir, d’appeler quelqu’un pour l’aider ; elle remonte comme une automate dans son appartement, seule réaction dont elle est capable et là elle s’effondre.

Ce roman va raconter comment Clara va comprendre qu’elle est en burn-out, comment elle va accepter d’aller consulter et reconnaître qu’elle vit une dépression très profonde. Elle va devoir travailler sur elle-même et tout au long de ce livre, de petit pas en petit pas vers la guérison, le lecteur va suivre ses progrès et ses reculs, ses envies et ses peurs qui s’accentuent, le tout rythmé par les couplets d’une comptine du XVIIIè très connue, comme un écho de ses déboires et de ses efforts pour revenir à la vie active. Clara peu à peu regarde les événements en face, et le lecteur s’investit à ses côtés, comprenant les rencontres, les ruptures, l’espoir qui revient peut à peu, les prises de conscience, les décisions.

Voici un livre très prenant, écrit d’une plume moderne, alerte, qui nous amène à reconnaître nombre de nos comportements, à les observer à travers le prisme que nous donnent les mots si justes de l’autrice. Un roman très actuel, très vrai et sensible, à lire absolument.

Une semaine de révélations

Le dernier ouvrage de Marie Sizun aux éditions Arléa

Marie Sizun nous offre un nouveau roman pour commencer l’année : La maison de Bretagne et il se lit d’un trait.

C’est l’histoire de Claire qui est enfin décidée à s’occuper du sort de cette maison de famille dans le Finistère, dont elle a confié depuis la mort de sa mère, la location estivale à un agent immobilier assez acariâtre. Alors, un dimanche d’octobre, après une énième remarque de celui-ci, elle prend la route si familière autrefois pour gagner l’Île Tudy, tout près de Quimper, déterminée à la vendre cette maison de Bretagne. À l’arrivée, tout est encalminé, elle gare sa voiture sur le parking qui borde la mer, constate qu’un des volets n’est pas fermé, peste contre l’agent immobilier, et pénètre dans la maison. Bien sûr celle-ci est inhabitée depuis l’été et si les souvenirs commencent à affluer, l’impression est négative et la décision de vendre s’impose absolument. Pourtant une découverte très désagréable va remettre en question l’organisation de cette semaine consacrée à quitter la maison de Bretagne.

Claire va devoir s’y installer vraiment, pour un temps indéfini et le passé revient. Peu à peu des souvenirs de son enfance s’intensifient, l’absence de son père, le comportement troublant de sa mère , l’énigme de sa soeur, la présence heureusement aimante de sa grand-mère. Tout se recompose au fil des jours de cette semaine si particulière, et Claire oscille de bouleversements en émotions, revisitant ses sentiments, analysant les faits qu’elle pensait bien connaître et qui éclairent peu à peu la part d’ombre qui taraude sa famille. Cette semaine agitée apportera des réponses aux questions qu’elle évitait depuis tant d’années. On se prend à aimer Claire comme une soeur, à nous questionner comme elle sur notre propre vécu, à repenser nos certitudes familiales.

Marie Sizun rythme son récit de magnifiques tableaux que son héroïne passionnée de peinture projette de réaliser. Elle nous fait voir les lumières qui défilent sur la mer de ce coin de Bretagne, au plus vrai d’une palette subtile de bleus, jaunes et gris dont les nuances chatoient sous les rais de soleil qui inondent la mer avant que la tempête ne gagne ce boulevard de l’Océan où le lecteur rêve de se promener lui aussi. C’est une lecture animée des embruns de ce paysage maritime qui se superpose aux états d’âme de Claire. Un moment de lecture vraiment privilégié.

2021 / Lectures de janvier

Commencer l’année par quelques uns des “Assassins sans visages” de Peter May aux éditions du Rouergue, puis partir en voyage à New York grâce aux promenades littéraires de Paolo Cognetti, poursuivre par un périple en Ukraine sur les traces de Tchernobyl, en dévorant l’incroyable thriller de Morgan Audic, et terminer le mois en Sibérie, en compagnie de cet ami Arménien si cher à Andreï Makine.

Voilà une année qui commence très fort.

Des pivoines, des iris, des violettes, … et une seule Rose

Un roman comme une promenade dans le Japon traditionnel, à Kyoto, loin des exagérations de la modernité, de la foule, du bruit, des lumières artificielles permanentes. Une promenade comme une quête de soi, un voyage à rebours, une découverte déroutante de la filiation. Une quête comme une tentative de faire la paix avec un passé confisqué.

Rose est venu dans la maison de son père, Haru, elle qui est la fille d’une française dépressive et de ce marchand d’art japonais très apprécié à Kyoto, qu’elle n’a jamais connu, pour rencontrer le notaire qui doit lui révéler les dernières volontés de son père. L’assistant de celui-ci a la charge de lui faire découvrir cette ville mythique au fil des temples et des jardins selon un itinéraire précis, élaboré pour l’amener à mieux pénétrer l’univers de Haru, prendre la mesure de ce qu’était la vie de cet homme qui lui est étranger.

Rose oscille entre colère, amertume, étonnement et curiosité. Elle, qui est botaniste, se laisse peu à peu séduire par les fleurs, différentes chaque jour, qui ornent sa chambre grâce aux soins de Sayoko, la gouvernante de son père. Les mots qu’ échangent les deux femmes sont mesurés, presque étiques, dans un anglais très simple qui les conduit à l’essentiel. Rose va découvrir au fil des jours de cette semaine avant la rencontre avec le notaire, une ville étonnante, dont les traditions permettent de se tenir en marge du temps ; et aussi mesurer qui elle est vraiment, confrontée aux réminiscences de son enfance et de sa jeunesse à l’aune de ses origines qu’elles soient françaises ou japonaises. Ses impressions, ses rébellions, ses émotions la bouleversent durant ce temps d’expectative où elle est contrainte à un parcours qui la confronte à l’évolution de ses sentiments profonds, elle qui depuis la mort de sa mère s’est réfugiée dans un état dépressif latent.

Muriel Barbery organise ainsi une lente et dense immersion dans un Japon à la fois traditionnel et contemporain, rythmant la métamorphose de Rose par des contes japonais des temps anciens où les végétaux jouent un rôle de révélateur. Son écriture est suave, présente intensément, imprégnée du vent, de la pluie, de la lumière, des fragrances des fleurs et des saveurs des mets que Rose goûtent au fil des jours. Un roman vraiment poétique, dont la musique résonnera longtemps.

Peter May, autrement …

J’ai découvert Peter May avec la trilogie écossaise, un pur moment de plaisir de lecture. J’ai d’ailleurs continué à lire les romans qui s’inscrivaient dans cette lignée, toujours avec plaisir. Ensuite je me suis immergée dans la série chinoise : une belle occasion de découvrir ce grand pays si inquiétant et déroutant. Il m’a fallu du temps pour revenir à une série de cet auteur qui se déroule dans notre pays, sans doute parce que je souhaitais encore voyager hors de nos frontières.

Voilà que je découvre aujourd’hui le dernier tome paru de la suite “Les assassins sans visages”. Bien sûr, c’est plus familier que cette Écosse lointaine des Hébrides ou Pékin et ses environs, mais le charme opère là encore.

Un alibi en béton semble conclure un pari un peu fou tenu par Enzo, un écossais installé à Toulouse, universitaire spécialiste des affaires criminelles, qui se charge d’élucider des affaires irrésolues compilées par son gendre dans un livre intitulé “Assassins sans visages”. Il s’agit cette fois de découvrir qui est le meurtrier de Lucie Martin, assassinée voilà plus de vingt ans et dont le cadavre a refait surface un jour de canicule. Un serial killer est soupçonné du fait du mode opératoire pratiqué dans ce crime, mais cela n’apparaît pas aussi simple pour Enzo. Son enquête va alors se compliquer lorsqu’il est victime d’une tentative de meurtre et qu’on s’en prend à sa famille. Les ramifications de sa propre histoire familiale se recoupent avec l’élucidation du meurtre de cette jeune fille. Il s’agit alors pour Enzo de courir plusieurs pistes à la fois tout en redoutant le pire pour sa propre famille.

Peter May nous guide dans les méandres de la vie privée de son enquêteur, confronté à sa vulnérabilité de père, contraint d’exercer sa sagacité non seulement sur le plan professionnel, mais sur celui de sa vie privée, avec tous les doutes et troubles que ce mélange détonnant peut occasionner. Scènes d’action, moments privilégiés de tendresse paternelle, rebondissements haletants, l’auteur nous offre un excellent moment de lecture avec en filigrane un décor provincial dont il sait parfaitement tiré parti. Un bon prétexte pour commencer à lire la série dans l’ordre :

Le Mort aux quatre tombeaux, Terreur dans les vignes, La Trace du sang, L’Île au rébus et Trois étoiles et un meurtre.