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Dimanche joyeux au Salon de Quintin

Ce dimanche 18 mars, c’était la deuxième édition du Salon du Livre de Caractère à Quintin. Une belle journée ensoleillée, des échanges simples, agréables et attentionnés avec les auteurs invités, une rencontre en après-midi : « Francophonie, francophilie, écrire en français tout en étant riche d’autres cultures»
Avec la participation de Samira Sedira, Irina Teodorescu et Ali Zamir,
animée par Fabienne Pollet.

Un excellent dimanche et quelques achats qui viennent s’ajouter à tous ceux que j’ai encore à lire.

J’ai eu le plaisir d’y retrouver des auteurs et des éditeurs que j’apprécie beaucoup : Morgan Audic, Mérédith Le Dez, Gaëtan Lecoq, Jeff Sourdin, Michèle Lesbre, et une maison d’édition que j’affectionne particulièrement: les Editions La Part commune.

Merci à Fabienne Juhel et à la librairie Le Marque-page pour cette belle organisation et l’invitation d’auteurs de caractère.

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Portrait d’auteur

Pages de Bretagne n°44

J’ai eu le grand privilège d’écrire le portrait de Mérédith Le Dez pour la revue publiée par Livre et Lecture en Bretagne, Pages de Bretagne.

Un grand Merci à Mérédith Le Dez de m’avoir fait confiance et à Livre et Lecture en Bretagne de m’avoir proposé d’écrire ce portrait. Ce fut pour moi un moment intense de lecture, de relecture et d’écriture. 

***

Mérédith Le Dez, la passion du verbe

Après les recueils de poésie, Mérédith Le Dez revient au roman. Le Cœur mendiant arrive en ce début d’année, un texte riche et subtil, empreint de la beauté de la  langue qui est l’obsession de l’auteur.

Dès qu’elle a su lire, elle a voulu écrire. Plusieurs carrières la tentaient, en particulier celle de journaliste, mais c’est vers l’enseignement que toute jeune elle s’est dirigée : les Lettres modernes. Et puis, l’envie de changer, tout en restant dans le domaine des Lettres, alors elle devient éditrice et crée sa propre maison. Un souci constant de servir la langue française, de laisser à ses auteurs un espace de création à leur mesure, leur offrant un accompagnement jamais démenti, tout en soignant l’objet livre auquel elle apporte un soin et une esthétique absolus. L’aventure de l’édition s’arrête en 2012 et Mérédith Le Dez choisit de se consacrer pleinement à l’écriture ; les prix Yvan-Goll (2015) et Vénus-Khoury-Ghata (2017) couronnent deux de ses recueils de poésie, la confortant dans sa nouvelle vie d’écrivain.

Sans doute les histoires que son père lui inventait dans l’enfance ont-elles instillé en elle le profond désir d’écrire, d’inventer, d’imaginer. De ses origines polonaises et bretonnes, elle a conçu la curiosité de ces langues qu’elle ne pratique pas mais qui ont profondément marqué son imaginaire. Son premier roman, Polska, s’en nourrit intensément et du matériau autobiographique, elle a su tisser une véritable quête d’identité, s’imprégner de la Pologne pour raconter le mystère de la perte de la langue au profit du français. Elle reviendra d’ailleurs sur cette quête des origines dans son deuxième roman, Baltique, où là encore, elle fait la part belle à l’imagination du lecteur, l’amenant à s’impliquer intensément dans l’interprétation de l’histoire. Son rapport à l’écriture use de plusieurs registres qu’elle conjugue avec bonheur, adaptant la langue à ses personnages selon leur condition, les rendant ainsi extrêmement présents, ménageant des ruptures de rythme qui offrent une part de mystère. Mérédith Le Dez aime à observer les personnes et les lieux, imaginer, s’amuser à créer des situations et des histoires naissant du réel, mais sublimées par l’imagination de l’écrivain. L’écriture est aussi un jeu et si elle développe un rapport quasi charnel à la langue, la sculptant, la ciselant, l’épurant, elle se réjouit d’en explorer tous les arcanes.

«  La poésie est le lieu par excellence du verbe porté à incandescence ».

Ces mots que Mérédith Le Dez écrit dans son éditorial de la revue numérique de poésie « i rouge », qu’elle a fondée avec Paul Dirmeikis, on peut les appliquer à sa propre écriture poétique. Des Eaux noires, son premier recueil à Journal d’une Guerre, publiés aux éditions Folle Avoine, puis dans Cavalier seul ou Paupières closes parus aux éditions Mazette, elle fait montre d’un univers où la musique des vers et des phrases emporte le lecteur au gré d’un imaginaire chatoyant, foisonnant, sublimant une approche sensible et prégnante de notre époque en rupture permanente. La poésie, comme une recherche intense de la véracité des temps présents, de leur devenir, un éclairage de la vie comme une chance, un défi à « la peur sauvage du monde ».  Les thèmes qu’elle aborde dans ses recueils sont la marque d’une femme engagée, en résistance contre toute forme de barbarie, usant de la force comme de la douceur pour dire, traduire ce monde qui explose tous les codes et dénoncer sa part de violence.

Mérédith Le Dez souhaite maintenant se recentrer sur l’écriture de romans et délaisser pour un temps la poésie. Elle a choisi, en effet, de ne pas s’enfermer dans un genre littéraire et Le Cœur mendiant, à paraître en février prochain aux éditions La Part Commune, marque son retour à la fiction. Une toute jeune fille découvre un inconnu installé sur le banc où elle a l’habitude de lire. La conversation s’engage. L’homme est traducteur, la jeune fille passionnée de littérature, et le nœud de l’histoire vient de se resserrer. Une correspondance secrète, un journal intime consignant les faits, l’enterrement d’un des personnages faisant resurgir un pan entier de la vie de celle qui est devenue une enseignante, éprise de la musique de Satie, d’une sensibilité exacerbée à l’état violent du monde, se remémorant au fil de sa lecture cet homme qu’elle a aimé, tellement.

Le roman se construit comme un puzzle, télescopant les époques, mélangeant les voix qui  parlent de cet amour immense qui a conditionné leurs vies, des trahisons aussi ; les paysages se font personnages et la poésie s’infiltre délicatement dans l’écriture, où les caractères se construisent en d’infinis détails au fil de la lecture.

 

Même pas peur !

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Les insatiables

Et oui, ils le sont, insatiables, ces puissants qui nous fabriquent une société qui leur rapporte toujours plus, avec l’aide complaisante ou contrainte (c’est selon) des politiques, dont l’éthique cède souvent le pas au désir de pouvoir.

Gila Lustiger nous offre un panorama de notre société française (mais cela pourrait se passer dans n’importe quelle démocratie occidentale !) aux prises avec les compromis voire les concussions que les élus fomentent, aux ordres des grands groupes industriels, s’assurant ainsi des subsides tout en se gardant de trop penser au sort de leurs électeurs, remisés au statut de dégâts collatéraux.

Un journaliste d’investigation, Marc Rappaport, dont le grand-père admiré appartenait à une puissante famille d’industriels, est tourmenté par ses conflits intérieurs, son enfance dans un milieu protégé, son appartenance au conseil d’administration de l’un des plus importants groupes coté en bourse, et la profession qu’il s’est choisie, la haute opinion qu’il en a. Confronté à ce qui pourrait s’apparenter à un simple fait divers, il commence une enquête dont il pressent qu’elle n’est pas aussi simple qu’il y paraît.

Peu à peu, faisant fi de sa vie personnelle, rameutant toutes ses connaissances quel que soit leur milieu, il s’investit dans ce qui se révèle être une malversation de grande ampleur d’un groupe de l’industrie chimique, ayant conduit à un drame sanitaire dont chaque victime se garde bien de se plaindre ouvertement par peur de représailles économiques.

Nous découvrons ainsi dans ce roman de haute volée le monde néolibéral qui est le nôtre et ses différents acteurs : les politiques, les grands industriels, leurs hommes de main, les lanceurs d’alerte, les  média et les victimes, impuissantes, aux prises avec la peur de tout perdre. Nous suivons les arcanes de l’enquête avec une avidité qui se nourrit de ce que nous reconnaissons dans ces informations et que nous aimerions, sans doute, nous aussi pouvoir ignorer.

Une écriture efficace, un rythme soutenu, des personnages parfaitement maîtrisés, un réseau de faits qui apparente ce roman à un thriller implacable, une  fascinante étude morale et psychologique de notre société, voilà ce que ce roman de Gila Lustiger nous offre, nous rendant insatiables quant à la lecture de ce réquisitoire.

Le mois d’Août, un mois pour lire !

Les rentrées approchent ! rentrée littéraire et rentrée scolaire.

La rentrée littéraire va m’apporter une foison de romans à découvrir, aimer, chroniquer et d’ores et déjà, grâce aux services de presse, j’ai en prévision pour ce mois d’août :

  • Qui de nous deux sera l’autre ? de Jean-Louis Coatrieux (La part commune)
  • L’insolite évasion de Sébastian Wimer de Stéphane Heaume (Serge Safran)
  • Les insatiables de Gila Lustiger (Actes Sud)
  • L’archipel d’une autre vie de Andreï Makine (Seuil)

et d’autres titres que j’attends et qui viendront compléter cette liste alléchante.

La rentrée scolaire aussi, qui va me permettre de travailler sur l’ensemble des recueils de poésie de Maram al-Masri publiés chez Bruno Doucey notamment :

Préparation de séances de poésie pour les élèves de terminale du Lycée Les Vergers de Dol de Bretagne. Un joli programme en perspective.